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Le Hangar

Le Hangar de la série du même nom existe vraiment. Il est situé sur un petit aérodrome du sud ouest et abrite une petite collection d’avions qui ont tous comme caractéristique d’avoir une roulette de queue, ce qu’on appelle des « trains classiques ».

Vivent là quelques trésors venus d’autrefois: un Stearman PT 17 construit chez Boeing à Wichita en 1940, qui a servi de salle de classe volante durant la dernière guerre en Californie puis dans une école formant des élèves-pilotes français. Un Piper J 2 reconstruit par l’équipe de Jean Salis à la Ferté Alais à partir d’ ailes authentiques de J2 et d’un fuselage de J 3 modifié J2. Le longeron en bois est signé et daté à la pointe de feu par le responsable qualité de l’atelier Taylorcraft qui a construit cet avion en 1936… Un Auster Mk V, étrange mélange de Bentley volante et de réminiscences de Piper anglicisé, dans son jus façon sunday roast, absolument superbe avec ses rides et ses petites cicatrices, resplendissant de sa peinture rouge à filets bleus évoquant les somptueuses cabines téléphoniques de sa Most Gracieuse Majesté.

Un Luscombe blanc surnommé Lulu, sexy comme tout manière Lolita volante, lui aussi venu de la fin des années 30, dans son jus et qui malgré son air gentil est peut être le plus pointu à faire voler des habitants du hangar. Un FK 14 Le Mans, seule machine volante contemporaine du hangar, mais qu’un ami spécialiste des avions customisés chez Airbus a qualifié de chef d’oeuvre rétro-moderne à cause de sa canopée torpedo et de son dessin ultra-classique à la Messerschmitt: aile basse de géométrie Dornier, train finement caréné, raccords ailes-fuselage absolument magnifiques…

Et dominant le tout, le Lockheed 12 Electra Junior no. 1287, seul survivant de son espèce en Europe et celui de la dizaine d’avions du type vivant encore  dans le monde ayant le moins d’heures de vol (autour de 5000 depuis neuf), véritable trésor historique ayant appartenu au mythique Sidney Cotton, le prince des aviateurs-espions…

Un studio-bureau-atelier-mezzanine d’un étage construit en bois occupe un coin de la surface du Hangar, permettant de travailler ou au choix de se vautrer sur les sofas disposés au pied de la structure du studio, avec l’omniprésence des avions, leur odeur et une ambiance esthétique confinant au shoot ultime pour aviateur fasciné…

Le Hangar a été dessiné et construit avec l’idée d’en faire une boîte à rêves autant qu’un vrai abri à avions, à la manière dont certains amateurs anglais ou américains comme l’équipe d’Allied Fighters à Chino ont conçu leurs propres hangars.

Du coup, lorsqu’il a fallu réfléchir à un cadre dans lequel tourner certains sujets destinés à l’antenne d’Aerostar, le Hangar s’est imposé comme une sorte de studio naturel. Et dés que nous avons commencé à tourner à l’intérieur (c’était en hiver et il faisait très, très froid…), nous avons compris que c’était un excellent choix, en particulier parce que la lumière naturelle diffusée par la toiture translucide est superbement adaptée aux besoins de la vidéo.

On y reviendra souvent!